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Film "Paroles de seniors sur le confinement"

Rendez-vous âge & société - 2020

Basé sur les témoignages de quatre seniors vivant en Suisse romande, ce film met en lumière à la fois les difficultés rencontrées et les stratégies mises en place pour traverser la première vague de la pandémie au printemps 2020, tout comme les expériences positives qu’ils ont pu en retirer.

Film réalisé par Kaveh Bakhtiari et David Maye (Terrain vague) en septembre 2020, pour la Fondation Leenaards.

👉 Kaveh Bakhtiari était l’invité du 12h30, sur les ondes de la RTS la 1ère, le 5 novembre 2020 pour s’exprimer au sujet du film.


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Commentaire(s)

Posté par Aubépine, le 08.11.2020

Bonjour, merci pour ce film très intéressant. Ce que j’ai vécu est différent, de sorte que je ne me suis pas reconnue dans ces témoignages, à l’exception de la diversité des situations des plus de 65 et la dernière remarque. De même, je ne me suis plus sentie obligée d’avoir l’air jeune.
Lorsque j’ai appris l’extension rapide de la pandémie, je n’ai pas eu un gros choc, car nous étions au courant. Depuis les années 70es je lis les avertissements du Club de Rome sur les limites des ressources de la planète, puis l’analyse critique des systèmes alimentaires du monde par les précurseurs de la permaculture, récemment les cris d’alarme du GIEC et des jeunes engagés pour le climat. On ne peut pas prétendre qu’on ne savait pas. Je suis convaincue que la pandémie n’est qu’un épisode de la crise globale de notre humanité.
Dans ma vie professionnelle, j’ai vu passer et j’ai contré des épidémies de rougeoles, méningites, rage et sida. J’ai lu des documents anciens sur la peste. C’est une réalité de notre monde.
Sur le plan familial et personnel, j’ai cherché l’harmonie avec l’environnement. Le compost, le jardinage naturel, les chauffe-eau, cuiseurs solaires et installations photovoltaïques ainsi que l’engagement dans des associations de protection de la nature ont mis en pratique mes objectifs.
Lors de l’annonce du confinement, je suis restée perplexe. A septante ans, toujours active comme bénévole et dans mon jardin, j’étais étonnée d’être qualifiée de vulnérable et enjointe de rester à la maison. Après deux jours de réflexion, j’ai décidé d’assumer mon âge et d’avancer dans mon parcours de vie. Une personne avec qui j’avais mangé m’a téléphoné qu’il avait des symptômes puis qu’il était testé positif, je me suis auto-confinée chez moi et j’ai accepté avec reconnaissance d’être aidée à mon tour. Quatre personnes ont fait mes commissions : deux amies, un jeune migrant à qui j’avais donné des cours de français et ma fille. De plus, la commune m’a envoyé un code pour communiquer avec la protection civile, c’était très bien organisé.
Mon principal soucis a été pour ma mère confinée dans son EMS. Je ne l’ai pas vue du tout pendant des mois. Un infirmière me téléphonait une fois par semaine, me disant qu’elle allait bien et continuait ses activités comme d’habitude ; je me demandais comment c’était possible. Je recevais son courrier qui ne lui était plus distribué, même une lettre de sa petit-fille et ce que je lui avais moi-même envoyé !
Étant déjà engagée dans une démarche de sobriété volontaire, le confinement n’a pas chamboulé ma vie. J’ai continué d’appliquer le concept « Avec ce qu’il y a » pour mon alimentation : les dent-de lion, herbes aromatiques et fruits du jardin diversifiant les menus. J‘avais plus de temps pour observer le ciel, redevenu bleu sans les traces des avions, la vie sauvage qui s’épanouissait dans le jardin et les alentours. Des familles circulaient à vélo, les plus petits sur les porte-bagages ou dans des carrioles, les grands avec leur VTT. J’ai participé à des réunions par télé-conférences. J’ai apprécié le silence et saisi l’occasion d’approfondir ma spiritualité. C’était presque idyllique : j’aurais juste préféré vivre cette évolution sans la contrainte de la pandémie...