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Communiqué presse – Prix scientifiques Leenaards 2024 attribués

Deux Prix scientifiques Leenaards 2024 attribués

Près de 1,4 million de francs pour la recherche biomédicale dans l’arc lémanique

Lausanne, le 26 février 2024. La Fondation Leenaards décernera – lors de son Rendez-vous sciences & santé du 21 mars, ouvert au public – deux Prix scientifiques à des groupes de recherche de l’arc lémanique, pour un montant total de près de 1,4 million de francs. Le premier groupe de recherche, mené par la Dre Angela Koutsokera (CHUV), traite de l’usage des bactériophages – ces virus fortement présents dans les eaux usées – pour lutter contre les infections bactériennes résistantes aux antibiotiques, en particulier pour le traitement des infections respiratoires. Le deuxième, piloté par le Prof. Gilles Allali (CHUV/UNIL), se concentre sur le dépistage précoce de la maladie à corps de Lewy ; méconnue du grand public, elle est pourtant la deuxième cause de démence neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer. Grâce à l’usage de la robotique, ce groupe de recherche explore la relation entre l’induction d’hallucinations visuelles, l’un des signes qui peuvent permettre de détecter cette maladie, et les modifications de l’activité cérébrale.

Cet événement, ouvert à toutes et à tous sur inscription, sera aussi l’occasion de réfléchir aux enjeux sociétaux liés aux avancées récentes relatives à la fabrication d’embryons synthétiques, avec une conférence du Dr Alexandre Mayran, de l’EPFL, intitulée « Fabrique d’embryons en laboratoire : défis éthiques ou technologiques ? ».


Traiter grâce aux virus antibactériens : les bactériophages pour lutter contre les infections résistantes aux antibiotiques

 

L’équipe de recherche est menée par la Dre Angela Koutsokera (CHUV, au centre), avec le Prof. Alexandre Persat (EPFL, à gauche) et le Dr Grégory Resch (CHUV)  Image: © Alban Kakulya

« Il est urgent de développer des nouveaux traitements tels que la phagothérapie pour répondre aux complications parfois sévères dues à la résistance aux antibiotiques, notamment chez les patients atteints de mucoviscidose ou de bronchectasies », explique la Dre Angela Koutsokera, médecin adjointe au Service de pneumologie du CHUV. Elle pilote l’équipe de recherche lauréate de l’un des deux Prix scientifiques Leenaards 2024, aux côtés notamment du Dr Grégory Resch, chercheur au Centre de recherche et d’innovation en sciences pharmaceutiques cliniques (CRISP) du CHUV : « Avec près de 25 000 décès annuels en Europe liés à cette résistance aux antibiotiques, et des prévisions allant jusqu’à 10 millions de décès sur le plan mondial en 2050, il est essentiel de tenter d’apporter une partie de la solution à ce défi majeur de santé publique. D’autant plus que l’on proposait parfois l’amputation à des patients en impasse thérapeutique qui étaient infectés par des bactéries très résistantes, alors que dans certains pays de l’ex-URSS, comme la Géorgie, une thérapie par bactériophages (phagothérapie) était disponible, permettant la perspective d’un traitement sans amputation », souligne le Dr Grégory Resch.

Les bactériophages sont des virus présents particulièrement dans les eaux usées, le sol et les excréments ; ils sont inoffensifs pour les humains, mais particulièrement destructeurs pour les bactéries pathogènes qu’ils pourchassent.
Dans le cadre de cette recherche – qui est une première sur le plan national –, le défi est de trouver le bactériophage qui saura attaquer la bactérie à l’origine de la maladie résistante aux antibiotiques.
« La phagothérapie n’est en soi pas nouvelle, mais la recherche   avait été abandonnée lors de l’arrivée massive des antibiotiques dans les années 1960 », précise la Dre Angela Koutsokera.

L’innovation tient donc à l’approche choisie par leur groupe de recherche, qui se distingue par une individualisation accrue du traitement : c’est en effet la bactérie isolée de l’expectoration du patient souffrant d’une infection respiratoire qui sera soumise à un traitement par des bactériophages soigneusement sélectionnés. « Si un phage semble particulièrement efficace lors du processus de sélection, la paire bactérie/phage choisie passera alors par mon laboratoire de mécanique microbienne, pour une phase de test in vitro au sein de modèles d’organoïdes pulmonaires humains développés à l’EPFL », explicite le Prof. Alexandre Persat, à la tête du laboratoire de mécanique microbienne de l’EPFL. Reproduisant le milieu biologique des poumons, ces mini-organes cultivés en laboratoire à l’aide de cellules souches permettent en effet une meilleure évaluation thérapeutique de potentiels traitements.

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Maladie à corps de Lewy : un robot inducteur d’hallucinations pour mieux détecter les maladies neurodégénératives

 

L’équipe de recherche est menée par le Prof. Gilles Allali (CHUV, à droite) avec le Dr Fosco Bernasconi (EPFL) Image: © Alban Kakulya

La maladie à corps de Lewy, bien que méconnue du grand public, occupe néanmoins la deuxième place en termes de prévalence parmi les démences neurodégénératives, juste après la maladie d’Alzheimer: « On estime qu’elle concerne près de 20% des patients avec démence, ce qui correspondrait, pour la Suisse, à environ 40 000 personnes. En réalité, on doit être bien au-dessus de ces estimations, car cette maladie est peu connue et largement sous-diagnostiquée », souligne le neurologue et Professeur à l’UNIL, ainsi que directeur du Centre Leenaards de la mémoire du CHUV. . Raison pour laquelle ce projet ne se limite pas à la recherche médicale : il vise également la sensibilisation du grand public.

Cette maladie se manifeste classiquement après 60 ans, par des troubles semblables à ceux liés à la maladie d’Alzheimer ou à la maladie de Parkinson, avec des symptômes à la fois moteurs, cognitifs et comportementaux, dont des hallucinations. « Les personnes qui en souffrent peuvent avoir l’impression de voir des intrus se déplacer chez elles, prendre leur propre reflet dans le miroir pour un étranger ou encore devenir violentes ou effrayées en conséquence », explicite le Prof. Allali. Cette maladie peut induire en effet des hallucinations visuelles très intenses que les patients ont tendance à cacher de peur que leur entourage n’imagine qu’ils perdent la tête.

L’un des enjeux clés de ce projet de recherche se situe dans la détection précoce de cette maladie, afin d’améliorer le pronostic et d’éviter que la démence ne soit confondue avec un trouble psychiatrique. En effet, un traitement médicamenteux inapproprié peut potentiellement mener à un décès précoce, comme ce fut malheureusement le cas pour l’acteur Robin Williams.« Grâce à la robotique, on va désormais réveiller des hallucinations dites « dormantes » et ainsi aider à révéler les premiers signes subtils de cette maladie neurodégénérative, et ce même plusieurs années avant l’apparition des premiers symptômes clés de la maladie », relève Gilles Allali. « Avec la robotique, on va induire et quantifier des hallucinations en explorant les modifications de l’activité cérébrale associées à ces dernières. On devrait ainsi avoir un moyen de mesures quantitatives visant à anticiper le déclin cognitif, comme on le fait pour d’autres pathologies avec un bilan sanguin », précise le Dr Fosco Bernasconi, neuroscientifique au Laboratoire de neurosciences cognitives à l’EPFL, qui collabore avec le Prof. Allali sur ce projet de recherche.

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Spécificités du Prix scientifique Leenaards

Le Prix scientifique Leenaards pour la recherche biomédicale translationnelle est décerné chaque année (un à trois projets soutenus) à des groupes de scientifiques favorisant une collaboration entre des chercheuses et chercheurs issu·e·s d’au moins deux institutions ou hôpitaux académiques de l’arc lémanique (CHUV, UNIL, HUG, UNIGE, EPFL). Ce prix finance des projets investiguant une problématique clinique sous un angle original, s’appuyant sur une recherche de base pointue. Il a aussi pour objectif de soutenir des projets translationnels associant les recherches fondamentales et cliniques en vue de transformer les découvertes scientifiques en traitements médicaux.

Les projets qui passent le premier stade de sélection du Jury des prix pour la recherche médicale translationnelle sont ensuite soumis à l’évaluation d’experts internationaux externes (peer review). Le processus d’appel à projets lancé en 2023 a vu la soumission de plus de 30 projets par des groupes de recherche provenant des cinq institutions. Quant au Jury, il compte une majorité de membres liés à des institutions situées hors de l’arc lémanique, par souci d’indépendance. Il est présidé par François Verrey, professeur émérite de physiologie de l’Université de Zurich.


Rendez-vous Leenaards sciences & santé
21 mars 2024, à 18h

 

Portrait : © Alain Herzog

 « Fabrique d’embryons en laboratoire : défis éthiques ou technologiques ? »
En seconde partie d’événement, le chercheur Alexandre Mayran (EPFL) fera état des avancées récentes liées à la fabrication d’embryons synthétiques. Si cette quête pose d’évidentes questions éthiques, elle offre aussi des perspectives exceptionnelles, comme la possibilité de produire des organes de remplacement, voire de sauver des espèces en danger. Le Dr Mayran – qui étudie la manière dont ces pseudo-embryons pourraient révolutionner l’étude du vivant – exposera les enjeux scientifiques et sociétaux liés à ces avancées et offrira des pistes de réflexion pour faire la part entre fantasme et réalité. 

L’événement est ouvert au public (sur inscription)
Jeudi 21 mars, dès 18h, au bâtiment AGORA (cité hospitalière du CHUV) à Lausanne

leenaards.ch/rdvsciences24


 

Renseignement et personne de contact :
Adrienne Prudente, responsable communication de la Fondation Leenaards, se tient à votre disposition pour organiser des interviews avec les lauréats,
le conférencier ou les représentant·e·s de la Fondation Leenaards.

021 351 25 55
communication@leenaards.ch

Documents presse : www.leenaards.ch/presse

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