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Des nouveau-nés à risque

Equipe de recherche

  • Dr. Jean-François Tolsa (CHUV)
  • Prof. Jean-Louis Bény (UNIGE)
  • Dr. Anne-Christine Peyter (CHUV)
  • Rostislav Bychkov
  • Scientifique
  • 2003

Des nouveau-nés à risque

Ce n’est plus le cerveau mais les poumons, qui sont au centre du quatrième projet encouragé aujourd’hui par la Fondation Leenaards. Le groupe emmené par le Dr. Jean-François Tolsa, du CHUV, et le Prof. Jean-Louis Bény, de l’Université de Genève, va explorer une situation parfois dramatique: la sous-oxygénation du nouveau-né à la naissance, ou dans les semaines qui précèdent.

Car ce que nous vivons dans le ventre de notre mère ou lors de notre naissance peut avoir d’importantes conséquences à l’âge adulte. Et nos poumons sont en première ligne. La naissance représente en effet une transition extrêmement violente, en terme d’oxygénation: le nouveau-né bénéficiait jusque-là des échanges gazeux avec le placenta, qui lui fournissait l’oxygène, alors qu’à la naissance ses poumons doivent brusquement assumer cette fonction, et s’adapter en quelques minutes. Or, il n’est pas rare que cette adaptation des poumons ne réussisse pas bien, et que le nouveau-né souffre alors temporairement d’une oxygénation insuffisante (hypoxie), ce qui a pour conséquence une complication potentiellement grave, que les médecins nomment « l’hypertension pulmonaire persistante du nouveau-né ». Cette complication ne touche qu’un peu moins de deux nouveau-nés sur mille, mais sa mortalité peu être élevée.

Pour l’instant, on ne sait pas très bien ni quelles sont les conséquences à l’âge adulte d’une telle hypoxie à la naissance et de l’hypertension pulmonaire qui en résulte, ni si le traitement de choix d’aujourd’hui – une inhalation de monoxyde d’azote – peut avoir ou non des répercussions sur la santé des poumons adultes.

Tel est donc le but que se fixent les chercheurs, qui vont tenter de comprendre les mécanismes physiologiques qui sont en jeu, au niveau de la cellule comme à celui plus fin des réactions moléculaires.

Ils vont utiliser pour cela ce qu’on appelle un « modèle animal », susceptible de mimer le mieux possible ce qui se passe chez l’homme, en l’occurrence plusieurs groupes de souris qui vivront toutes sortes de situations reflétant ce qui peut arriver à un nouveau-né. Il s’agira essentiellement de mesurer en quoi divers mécanismes physiologiques ou cellulaires sont altérés suite à un manque d’oxygénation peu avant ou lors de la naissance, et particulièrement de définir en outre le rôle exact que joue le monoxyde d’azote.

Les résultats attendus par ces lauréats 2003 du Prix Leenaards ne seront pas directement applicables à l’homme, mais ils devraient permettre néanmoins de jeter une lumière entièrement nouvelle sur les processus fondamentaux qui sont en jeu, et de s’en inspirer pour définir la meilleure attitude à adopter à l’égard des nouveau-nés. Cela devrait notamment déboucher sur l’identification des sujets à risque, et sur la mise au point de nouvelles stratégies thérapeutiques permettant d’éviter des séquelles à l’âge adulte.